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Un roman noir que j’ai littéralement dévoré, tout comme le précédent de l’auteur Que Dieu me pardonne dont j’avais donné mon avis ici 

Dès les premières pages, on retrouve la société d’aujourd’hui, avec ces hommes et ces femmes auxquels on peut parfaitement s’identifier. On se sent impliqué dans l'histoire dès le départ. Pas de romance, pas de belle planète, mais tout simplement la réalité de la vie en France en 2018.

 Lino ne s’est jamais remis de l’expérience vécue lors de son service national. Il mène une vie simple, sans grand intérêt et qui cadre parfaitement avec «métro, boulot, dodo». Un job purement alimentaire, qui lui permet de survivre. J’ai eu bien souvent envie de le secouer, afin qu’il cherche un autre poste dans lequel il puisse s’épanouir. Peut-être dans le domaine littéraire, lui qui aime arpenter les librairies pour admirer les couvertures des derniers livres sortis qu’il ne peut se permettre d’acheter et qui aime remplir des pages dans la solitude de son studio. Il est insatisfait mais se complait dans cette situation.

 Jessica est une nana débrouillarde et très futée. Elle a des idées bien arrêtées et surtout elle réfléchit et a des raisonnements très intéressants. Sa vie n’est pour elle que déception mais elle aspire à l’amour, au désir, et sa rencontre avec Lino va la transformer. Pourtant le paraître, la richesse sont toujours primordiaux dans notre société et cela prendra tout son sens quand elle va rencontrer Melvin, ce jeune homme d’affaires qui vit avec Natacha, une femme superbe mais avec laquelle il n’est plus sur la même longueur d’onde.

Philippe Hauret confrontent ces quatre personnages qui viennent d'horizons différents, deux univers impitoyables, mélange des genres. Ils sont au bord du précipice, prêts à plonger pour avoir la vie qu'ils désirent. Mais cela en vaut-il vraiment le coup ?

Ce roman est la parfaite réalité de notre société et à la lecture de "Je suis un guépard" on se rend encore plus compte de son malaise. Les horaires de travail et le temps de travail pour un salaire de misère, le nombre plus grand chaque jour de sdf, la résignation de cette population comme si tout était irrémédiable. 

Vous me direz mais quel est l'intérêt de lire ce livre si c'est la parfaite copie de ce que l'on vit tous les jours ? Pourtant l'auteur avec ses mots simples et son style d'écriture ne laisse rien au hasard, il nous ouvre aussi les yeux et nous prouve que l'espoir existe toujours, il est au bout du chemin parfois un long chemin semé d'embûches avec au bout une éclaircie, une embellie dans ce monde si noir.

Un très bon moment de lecture en espérant que vous avoir donner l'envie de découvrir Philippe Hauret et d'aller à sa rencontre dans les salons littéraires.

4ème de couverture :

Le jour, Lino, employé anonyme d'une grosse boîte, trime sans passion au 37e étage d'une tour parisienne. La nuit, dans son studio miteux, il cogite, désespère, noircit des pages blanches et se rêve écrivain... Un peu plus loin, Jessica arpente les rues, fait la manche et lutte chaque jour pour survivre. Deux âmes perdues qui ne vont pas tarder à se télescoper et tenter de s'apprivoiser, entre désir, scrupule, débrouille et désillusion... Jusqu'au jour où Jessica fait la connaissance de Melvin, un jeune et riche businessman qui s'ennuie ferme au bras de la somptueuse Charlène. Deux univers vont alors s'entremêler pour le meilleur et surtout pour le pire...

 Je suis un guépard - Philippe Hauret - Parution Mai 2018 - Editions Jigal polar

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