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Une couverture qui ne passe pas inapercue, quelques avis de blogueurs assez tentants, je me suis empressée de l'emprunter à ma bibliothèque. 

 J'ai voyagé en compagnie de Leda cette jeune italienne de 17 ans qui, en 1913, quitte son pays, avec seulement quelques sous en poche pour rejoindre son mari Dante à Buenos Aires. Lors de son départ, son père lui offre son violon avec pour consigne de le remettre à son mari. Tel un trésor, elle le garde toujours près d'elle pendant son voyage mais à son arrivée, la déception est grande, elle apprend que son mari Dante est mort lors d'une rixe en défendant la cause ouvrière. Dans ce pays inconnu, elle se sent perdue, ignorante des habitudes de vie et des coutumes. Plus assez d'argent pour repartir en Italie, elle tente de subvenir à ses besoins en travaillant dans une usine de tabac. Malgré tout, elle a bien du mal a trouver sa place dans des rues remplies de monde, de bruits. Les familles entières d'immigrés qui s'entassent dans des conventillos, ces cours entourées de petites chambres, sombres, insalubres et où les toilettes font souvent défaut ou doivent être partagées avec de nombreuses personnes.

Le dimanche, les familles se rendent à l'église et se retrouvent autour du repas familial où la musique et la danse égayent un peu le quotidien. C'est lors de ce rendez-vous dominical qu'elle entend une musique qui la fait frémir, vibrer et qui se nomme le tango. Des danseurs se mettent en couple pour entamer une danse rythmée et sensuelle. Munie de son violon, Leda n'a plus qu'une envie, apprendre différents morceaux de tango pour jouer dans les rues et les bars. Seul soucis et non des moindres, le tango ne peut être joué que par des hommes.

Changer d'apparence ne lui fera pas peur, cheveux courts, costume d'homme la voici plus que jamais déterminée à vivre sa passion, même si l'amitié, l'amour qui se présenteront sur sa route seront des épisodes à la fois difficiles, semés d'embûches mais aussi remplis de tendresse.

Mon avis : 

J'ai passé une semaine en compagnie de Leda et j'ai littéralement été happée par son histoire. Son personnage fait preuve de courage, de caractère face à un pays où la condition féminine est soumise à rude épreuve. Lors des cours d'apprentissage au violon, j'ai ressenti toute l'émotion de cette jeune femme quand sont sorties les premières notes. Pas mal de passage sont consacrés à sa découverte des plaisirs de la chaire, sans vulgarité, parfois quelques mots crus, mais la sensualité y est toujours bien présente. Sans oublier la musique et la danse omniprésentes.J'ai aimé cette Leda, innocente, battante et tellement touchante. Un moment de lecture excellent.

Quelques mots sur l'auteur : 

Carolina De Robertis est américaine d’origine uruguayenne. Elle a grandi en Angleterre et en Suisse et vit maintenant en Californie. Elle a travaillé pendant dix ans pour une association défendant les droits des femmes. La Montagne invisible, son premier roman, a connu un succès international et a été traduit dans dix-sept pays.

 

Les dieux du tango - Carolina De robertis - Parution Mai 2017 -  Editions cherche midi